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LE JOUBIOUX Jean-Marie (1806-1888)

jeudi 8 septembre 2011, par Fañch Postic

LE JOUBIOUX Jean-Marie
(1806-1888)
par Fañch Postic

Biographie
Jean-Marie Le Joubioux [Le Jobioux dans l’acte de naissance] est né le 2 février 1806 à l’Ile-d’Arz dans une famille de marins. Après avoir suivi sur place l’enseignement de l’abbé Gauder, vicaire de l’île, il entre au collège de Vannes où il est le condisciple de François Rio et d’Auguste Brizeux dont il restera proche. En 1828, il enseigne au petit séminaire de Sainte-Anne d’Auray avant d’être ordonné prêtre en 1829. Il devient le secrétaire de l’évêque, Mgr de la Motte qu’il accompagne ou représente (à Rome). En 1843, il est à l’origine des Lihérien Brediah er Fé, version vannetaise des Annales de la Propagation de la Foi, pour lesquelles il s’assure les collaborations de Corneille Le Diot, recteur de l’Ile-aux-Moines, et de Joachim Guillôme, auteur de Libr el labourér [1]. Lui-même y publie quelques articles. En 1844, il publie Doué ha mem Bro, une série de poèmes en langue vannetaise. Il collabore à la Revue de Bretagne et de Vendée et est membre de la Société Polymathique du Morbihan dont il a été le président en 1856.
« C’était un Breton dans l’âme, reconnaît François Cadic, qui nous a laissé dans notre langue des compositions exquises et qui a fortement contribué au réveil de notre province. »[2]
[2] Paroisse Bretonne, en introduction à la chanson des « Buveuses de café ». Sonnen er hafé (la chanson du café) dont Jean-Marie Le Joubioux est l’auteur passera avec succès dans la tradition orale.
Jean-Marie Le Joubioux est décédé à Vannes le 3 mars 1888.
Le collecteur

Dans le Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan de l’année 1858, paru en 1860, Jean-Marie Le Joubioux a publié une série de 34 proverbes bretons en breton vannetais avec leur traduction française, sans indication quant à la source. Dans le même numéro, il consacre un petit article aux "chants bretons" où il oppose le "Gallo ou Gaulois ", "très-aimable, très-spirituel, très-rieur, malheureusement un peu libre dans ses propos" au Breton "sérieux, mélancolique" : "Le Gallo chante, il chante toujours, il chante tout : chansons érotiques, chansons satiriques, chansons politiques. Le Breton chante aussi, le plus souvent ce sont des cantiques. Il ne se permet guère les chansons érotiques qu’aux noces, aux fiançailles et au cabaret. Quant à la chanson satirique, son goût pour elle est très prononcé. Les événements politiques, la chronique scandaleuse de la paroisse, un défaut physique ou moral du prochain, tout cela est pour lui autant de sujets de chansons." Il donne la traduction de deux extraits de chansons satiriques bretonnes dont il se souvient et lance, pour terminer un appel à la collecte : "Il est à craindre que les chemins de fer, qui vont sillonner notre province, n’emportent notre langue, nos chants et chansons, et ne nous apportent des chants moins purs. Faisons donc, dès maintenant, l’inventaire de nos richesses littéraires, plus tard il n’en sera plus temps. Nous tenons beaucoup à notre langue et nous serions profondément affligés si elle devait disparaître. Si ce malheur nous arrivait, Dieu veuille qu’au moins notre foi nous reste ainsi que nos moeurs."
[1] Voir RAOUL (Lucien), Un Siècle de Journbalisme breton, Le Guilvinec, Le Signor, 1981, p.69-77.
Bibliographie
Publication de Jean-Marie Le Joubioux :
"Proverbes bretons (Traduct. de Mgr Le Joubioux)", Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, année 1858, (1860), p.4-7.
"Chants breton", id., p.16-18.
Publications sur Jean-Marie Le Joubioux :
GUYOT-JOMARD (M.( "Notice sur M. J.-M. Le Joubioux", nécrologie Bulletin de la Société Polymathique du Morbihan, 1888, p.140-148
MAHUAS (J.), "Le Joubioux Jean-Marie, Mgr", dans La Bretagne, Dictionnaire du monde religieux dans la France Contemporaine, 3, Paris-Rennes, 1990, p.265-266.
NICOL (Max., "Monsieur J.-M. Le Joubioux Doyen du chapitre", nécrologie dans La Semaine religieuse du diocèse de Vannes, 8 mars 1888, p.149-156.