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BARDOUIL Marie (1851-1920)

lundi 5 septembre 2011, par Fañch Postic

BARDOUIL Marie

(1851-1920)
Fañch POSTIC
Biographie
Née à Hennebont le 3 décembre 1851, Marie Bardouil est la fille de Louis Bardouil, bourrelier, et de Marie-Anne Corlobé. Après des études chez les Ursulines d’Hennebont, elle demande son admission chez les Filles de Saint-Vincent de Paul, et se rend à Paris où elle est reçue comme postulante au séminaire de la rue du Bac. Mais des problèmes de santé l’obligent très vite à regagner Hennebont. Ayant entendu parler des Filles de Jésus de Kermaria, elle entre au noviciat le 2 février 1873 et prend l’habit religieux le 5 mai 1874 sous le nom de Sœur Marie-Louise de la Conception. Son premier poste d’enseignante est à Guidel à la rentrée de 1875. Elle prononce ses vœux de religieuse le 30 novembre de cette même année. Après des études à Pontivy pour le brevet supérieur en octobre 1886, elle est appelée à la maison mère de Kermaria pour prendre en charge la formation des novices qu’elle assurera jusqu’en 1910. Sa santé l’oblige alors à abandonner l’enseignement, mais elle continue à donner des cours particuliers. Elle entreprend également de rédiger la vie de Marie de Saint-Charles qui fut mère supérieure de Kermaria et celle de M. Le Jelloux, travaux qu’elle ne put achever.
Elle est décédée à Kermaria le 9 septembre 1920.
 
Collectes
Sœur Marie de la Conception, religieuse de la congrégation des Filles de Jésus de Kermaria (Marie Bardouil) fut une collaboratrice de l’abbé François Cadic. On ne relève pas moins d’une quarantaine de contes et de légendes attribués, sans plus de précision, à « une religieuse de Kermaria ». Le fait que l’on retrouve nombre de références à des lieux de la Cornouaille n’a pas de quoi surprendre quand on sait que ce couvent regroupait une centaine de novices originaires du Morbihan et du sud du Finistère qui se destinaient à l’enseignement. Les précisions qu’apporte à ce propos Paul Delarue, lui-même informé par l’abbé Jean Le Moing, sont révélatrices : « A la demande de l’abbé Cadic, la maîtresse des novices leur demandait, comme devoir de français, de noter par écrit un conte ou une légende qu’elles avaient entendu dans leur enfance. Parmi les versions obtenues par cette voie, il en est de très belles, mais il en est aussi quelques-unes qui sont d’origine livresque. Il est dommage que le pays d’origine ne soit pas signalé. »[1] En note il prend pour exemple le conte « Le prince Bec-de-Grive », publié dans la Paroisse Bretonne de février 1928 et dont il trouve que « titre et développement sont ceux d’un conte de Grimm souvent traduit en français (n°52 de la collection Konig Drosselbart) »[2]. Mais la situation se complique encore davantage lorsque l’on sait que la « maîtresse » dont parle Paul Delarue est soeur Marie Louise de la Conception, chargée des cours supérieur à la maison mère de Kermaria, dont François Cadic nous dit par ailleurs qu’elle avait elle-même un répertoire bien fourni de contes et de légendes. « Qu’il soit permis à l’écrivain des contes légendes de Bretagne, écrit-il au moment de sa mort, de rendre ici un dernier hommage à celle qui fut pour lui longtemps un excellent collaborateur et qui lui fournit beaucoup de ses meilleurs contes. »[3] Le terme de collaborateur est équivoque s’il n’était précisé un peu plus tard : « Nul n’avait plus que la chère religieuse un trésor abondamment fourni de contes et légendes, surtout de contes et légendes anecdotiques. » Quelle part revient à la maîtresse, quelle part aux élèves ? On relève 25 textes pour une première période allant jusqu’à 1915. Une autre série date des années 1923-1929. Mais comme sœur Marie Louise de la Conception est décédée en 1920, on peut supposer que son répertoire personnel a été publié pendant la première période.
 
Bibliographie
 
Source : Nécrologie, archives de Kermaria.
 François Cadic, Contes et légendes de Bretagne, réunis par F. Postic, Rennes, PUR/Terre de Brume, tome premier, 1997.